Dans des centaines de collectivités nos concitoyens vivent dans des taudis, sans eau courante ni plomberie intérieure. Nous avons la technologie et l’argent pour faire face à cette ignominie, mais nous n’avons pas de volonté politique profonde pour rectifier la situation.
Il y a vingt ans à titre de premier ministre de l’Ontario j’ai signé la « Déclaration de relations politiques » avec les dirigeants des Premières Nations, et je l’ai accompagnée d’un investissement sans précédent dans l’infrastructure pour les collectivités isolées du Nord. Nous avions même fait honte au gouvernement fédéral au point où il s’est joint à nous dans un partenariat pour fournir de l’eau courante et de la plomberie intérieure dans les collectivités qui n’avaient jamais été équipées d’installations sanitaires modernes et pour garantir un approvisionnement adéquat en eau propre.
C’est possible de le faire, et les réserves du Nord du Manitoba ont lancé une campagne « eau courante pour tous » qui a mené l’année dernière à ma motion à la Chambre des communes et qui a été adoptée. Le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, avait dit que des investissements seraient faits.
Il y en a, mais ils se font très lentement, et à ce rythme cela prendra une autre décennie et même plus. Accompagné du chef libéral du Manitoba Jon Gerrard et du grand chef David Harper j’ai visité la Première Nation St. Theresa Point et j’y ai vu, les mêmes conditions qu’à Attawapiskat cet hiver, des conditions qui ne devraient pas existées au Canada. Un jeune homme de 30 ans atteint de paralysie cérébrale qui doit marcher 27 mètres à l’aide de béquilles pour aller à la toilette sèche. Une dame qui se remet d’une chirurgie à la hanche doit faire la même chose. C’est honteux et ne devrait pas être mais hélas ce l’est. Le Canada peut et doit faire mieux.
Nous devons aussi trouver de meilleures façons et plus rapides de financer des infrastructures dans les réserves, y compris le logement. Les listes d’attente d’une bureaucratie interminable condamnent une autre génération à des conditions qui ne peuvent qu’être qualifiées de dégradantes.
Ce n’est pas le moment de désespérer. C’est le moment d’une colère bien ciblée et constructive et d’une détermination à changer la manière d’aborder ce défi. Nous ne pouvons plus fermer les yeux. Lorsque Stephen Harper a tourné le dos à l’Accord de Kelowna, il a causé beaucoup de torts aux peuples autochtones, mais avec des campagnes sur place que nous pouvons continuer à essayer de forcer le changement.
- Bob Rae



